Parmi les différentes ethnomédecines du globe, la Médecine Traditionnelle Chinoise occupe une place à part. Cette médecine a en effet conservé une remarquable continuité historique depuis la plus lointaine antiquité, qui fait aujourd’hui d’elle l’un des trésors du patrimoine culturel, scientifique et médical de l’humanité.

La médecine traditionnelle chinoise assure, depuis plus de 2500 ans, les soins de santé primaire du quart de l’humanité. Elle est en Chine une médecine d’état, disposant au même titre que la médecine moderne de son ministère, de ses universités, de ses hôpitaux et de ses unités de recherche. Elle forme, après la médecine occidentale, le système médical le plus développé au monde.

Si l’efficacité de cette médecine lui a permis de traverser les siècles, ses possibilités d'application sur le terrain l'ont également amenée à se développer hors de Chine, pour gagner progressivement tous les continents. En France, l’une des branches de cette médecine, l’acupuncture, est pratiquée depuis le XVIIIe siècle.

Contemporaine de la médecine d’Hippocrate, la médecine traditionnelle chinoise est universelle, naturaliste et humaniste. Elle permet de comprendre et de traiter les maladies par des moyens simples, naturels, efficaces et non iatrogènes. Elle repose sur des méthodes diagnostiques et thérapeutiques qui lui sont propres, et qui se suffisent à elles-mêmes dans le champ thérapeutique qui est le sien.

Transmise de maître à élève pendant de nombreuses générations, interdite pendant la révolution culturelle (il s’agit à l’origine d’une médecine impériale), puis rétablie et enseignée sous forme universitaire en Chine, la MTC fait aujourd’hui l’objet d’approches différentes. L’ouverture de la Chine à l’Occident et la transplantation de sa médecine traditionnelle dans d’autres pays, favorisée par l’exil de nombreux médecins traditionnels au moment de la révolution culturelle, ont encore accentué ces différences, qui constituent une richesse autant qu’un danger. C’est pourquoi il importe de conserver intactes les racines millénaires de cette médecine, afin qu’elle puisse toujours demeurer une tradition vivante, capable de s’adapter sans se dénaturer.