Reconnaissance de la Médecine Traditionnelle Chinoise

lky william holdenIl est important de distinguer la reconnaissance sociale de la reconnaissance juridique de la Médecine Traditionnelle Chinoise en France. En ce qui concerne la reconnaissance humaine et sociale, tout bon praticien y a droit.

Les praticiens de Médecine Traditionnelle Chinoise sérieux, installés depuis longtemps et rendant un service sanitaire signalé, ont généralement la reconnaissance de leurs patients, sont bien intégrés dans leur quartier ou leur village, et travaillent en bonne intelligence avec les autres médecins, qui les considèrent comme des acteurs de santé à part entière, même si, pour raison d’appartenance à des systèmes différents, la communication entre eux se fait surtout par patient interposé.

Les tradipraticiens et ethnomédecins formés au CEDRE exercent leur activité dans le cadre des « soins de santé non règlementés », voient une partie de leurs soins remboursés à leurs patients par certaines mutuelles, et paient normalement leurs impôts. Ils sont parfaitement insérés dans le tissu social.

En ce qui concerne la reconnaissance juridique, la situation est différente : la médecine traditionnelle chinoise en France fait l’objet d’un vide juridique, qui fait que sa pratique est tolérée sans être réglementée. Depuis plus de trente ans, on entend parler de l’imminence d’une réglementation… en réalité, une telle réglementation est extrêmement difficile, et aurait plus de chances d’apporter à la MTC des contraintes insupportables que la liberté qu’elle mérite.

Quoi qu’il en soit, aucun "diplôme" de MTC, fût-il chinois, n’a actuellement valeur de "diplôme d’état" dans notre pays. Les médecins diplômés de la faculté n’ont pas le droit, eux non plus, de pratiquer n’importe quelle médecine. Par exemple, un médecin occidental ne peut pas prescrire de pharmacopée chinoise (ce qui est normal, vu qu’il n’a pas les compétences requises).