La Diététique par Thomas Schickel
Il y a plus de 2000 ans, le médecin grec Hippocrate disait : « que ton aliment soit ton médicament ». Malgré les milliers de kilomètres qui séparent les deux cultures, les Chinois partagent eux aussi cette même vision concernant l’importance de l’alimentation dans le maintien d’un bon état de santé.
Se nourrir est l’un de nos besoins fondamentaux. Depuis notre naissance jusqu’aux derniers instants de notre vie, nous ne pouvons faire l’impasse sur cette nécessité de recharger quotidiennement notre corps en énergie et en matières nutritives. Ce qui fait naturellement de l’alimentation un outil crucial capable, au-delà de la survie, d’assurer notre santé ou de nous rendre malades.
L’ethnomédecine chinoise a une vision tridimensionnelle de la vie humaine, qu’elle nomme les « trois trésors » (San Bao) : une essence matérielle formant le corps (Jing), une charge d’énergie permettant le fonctionnement vivant (Qi), et un esprit (Shen) formant à la conscience et donnant un sens à cette vie. En écho à ces trois trésors, l’alimentation peut soulever trois questions : Qui se nourrit ? De quoi ? Comment ? Pour le dire autrement, entretenir notre santé par l’alimentation suppose la prise en compte de notre constitution personnelle et de nos besoins énergétiques, ainsi que de nos dispositions psychologiques.
Parce que nous sommes faits de ce que nous mangeons (« ceci est mon corps », a dit quelqu’un :) ; la qualité de notre nourriture influe directement sur l’essence humaine que nous fabriquons. Il est notamment essentiel de distinguer, parmi les grandes familles d’aliments, ceux qui forment la base de l’alimentation et que l’on peut manger quotidiennement, de ceux qui sont à consommer de manière plus occasionnelle, en suivant notamment le cycle des saisons, au risque sinon de créer des déséquilibres.
Au-delà du choix des aliments, les différents modes de cuissons, la manière dont nous mangeons, ou encore l’ambiance dans laquelle nous mangeons, sont autant de paramètres qui peuvent jouer également un rôle important dans le bon entretient de notre santé par l’assiette.
Dernier paramètre, et non le moindre : nous vivons à une époque où l’on trouve des tomates en hiver, des poulets qui n’ont jamais vu la lueur du jour, des vaches à hublots, des poissons rectangulaires ; une époque où le rayon des surgelés prend plus de place que celui des produits frais ; où les plats préparés supplantent la cuisine maison ; où les additifs et conservateurs font intégralement partie du menu. Tout ceci n’est évidemment pas sans conséquences sur notre santé.
Pour toutes ces raisons, notre époque a le plus grand besoin de retrouver la sagesse, la richesse et la profondeur de la diététique chinoise, science holistique et art millénaire jouant avec les textures, les saveurs et les couleurs, le feu et l’eau, les sens et le bon sens, nous permettant de réconcilier l’alimentation saine et la cuisine savoureuse, faisant de ce qui est parfois devenu une « corvée » du quotidien un compagnon de route agréable et bienfaisant pour notre corps, notre esprit et l’énergie de vie qui est en nous. A l’heure des cultures hors sol et des espèce dénaturées, les graines de ce savoir diététique et culinaire profondément enraciné dans le temps est aujourd’hui à même de faire refleurir la santé pour redevenir, selon le vœu d’Hippocrate, le premier de nos médicaments.
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Recette de printemps pour la nouvelle année chinoise
« Riz au céleri, épinards & baies de gojis »

Ingrédients : (pour 4 personnes)
- 200 gr de riz blanc ou demi-complet
- 4 branches de céleri
- 30 gr de baies de gojis
- 1 c à s d’huile de sésame
- Une pincée de sel et de poivre
Préparation :
- Rincer le riz et le faire tremper au moins 30 minutes avant de le mettre à cuire
- Laver le céleri et le couper en fines lamelles.
- Rincer les épinards.
- Faire tremper les baies de goji dans de l’eau tiède pendant 5 minutes
- 5 minutes avant la fin de la cuisson du riz, ajouter le céleri, les épinards et les baies de goji en mélangeant délicatement.
- Une fois la cuisson terminée, ajouter la cuillère à soupe d’huile de sésame ainsi qu’une légère pincée de sel et de poivre (facultatif).
Action de la recette :
- Le riz est l’aliment de base de la recette. Il apporte de l’énergie et soutient le bon fonctionnement du système digestif afin qu’il exploite au mieux les autres ingrédients.
- Le céleri favorise la libre circulation de l’énergie du Foie, qui se répercute sur celle du sang dans le corps.
- Les épinards tonifient et font circuler le sang, humectent les intestins et favorisent ainsi le transit intestinal.
- Les baies de goji nourrissent le sang stocké par le Foie, et par ce biais alimentent les yeux et entretiennent la vue.
- L’huile de sésame favorise elle aussi le transit ; elle régénère et hydrate la peau.
- Le poivre apporte si besoin une petite note de chaleur qui vient aider la fonction de la Rate à la bonne assimilation du repas.
- Le sel vient pour sa part diriger également l’action de la recette sur les Reins, qui en médecine chinoise sont aussi nécessaires au Foie que l’eau l’est pour nourrir le bois au printemps.
Une recette simple et facile à mettre en œuvre pour aborder l’an neuf !
Thomas Schickel
Praticien et enseignant en Ethnomédecine chinoise, Thomas est installé dans la petite ville d’Oloron-Sainte-Marie, aux pieds des majestueuses montagnes des Pyrénées Atlantiques.
Féru de culture chinoise et de taoïsme, Thomas s’est particulièrement intéressé à l’art culinaire, une passion à la croisée de sa formation de médecine chinoise et de ses souvenirs d’enfance, auprès d’une maman cordon bleu qui lui a transmis le goût - terme choisi - de la cuisine à la fois bonne pour les sens et pour la santé.
Thomas applique avec bonheur, dans sa propre vie comme dans ses enseignements, les règles de santé qui font toute la richesse de la philosophie médicale chinoise.

- Écrit par : Thomas Schickel